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	<title>Guillaume Gaud &#8211; Le Courrier de Rome</title>
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	<title>Guillaume Gaud &#8211; Le Courrier de Rome</title>
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		<title>(I)  ISLAM ET MODERNITÉ : UNE OUVERTURE ?</title>
		<link>https://courrierderome.org/i-islam-et-modernite-une-ouverture/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Abbé Guillaume Gaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 08:46:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courrier de Rome]]></category>
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					<description><![CDATA[(1) ceux qui ont adopté les principes libéraux (pour se constituer en nouveaux Etats laïcs) ; (2) ceux qui ont seulement utilisé ces principes libéraux – en jouant&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ol class="wp-block-list">
<li>L’une des idées dominantes de la modernité est celle des droits de l’homme et de la fraternité universelle qu’ils impliquent. Cette idée a peu à peu pénétré à l’intérieur du monde islamique, depuis les années 1970, à la faveur de débats ou même de documents officiels. Si on en examine le contenu, on s’aperçoit que la perspective dominante qui oriente toutes ces réflexions est celle qui est donnée par les instances mondiales occidentales, principalement l’ONU et l’UNESCO. Ce sont les thèmes imposés par ces institutions qui focalisent la réflexion : droits de l’homme, libertés individuelles civiques, citoyenneté.</li>



<li>Ce constat paradoxal s’explique du fait que la décolonisation a été l’occasion, pour les peuples du monde arabe, de se donner de nouveaux statuts et de se constituer plus ou moins en Etats-nations. Pour exister internationalement, il leur fallait en effet assimiler et utiliser ces nouvelles notions libérales, jusque-làinconnues en terre d’Islam, et qui finirent par leur être imposées par les grands organismes mondialistes (ONU, UNESCO) : les droits de l’homme, la citoyenneté, la démocratie républicaine.Cette ouverture à la modernité a provoqué une dissension interne au monde musulman. Elle met désormais aux prises :</li>
</ol>



<p>(1) ceux qui ont adopté les principes libéraux (pour se constituer en nouveaux Etats laïcs) ;</p>



<p>(2) ceux qui ont seulement utilisé ces principes libéraux – en jouant sur l’équivocité des termes (comme par exemple en constituant une organisation politique des Frères Musulmans) ;</p>



<p>(3) ceux qui ont modifié les principes libéraux pour les faire dépendre de leurs propres sources islamiques comme Al-Azhar ou l’OCI.</p>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li>De la sorte, il est aujourd’hui possible de distinguer, au sein d’une politique qui serait d’inspiration islamique, trois grandes positions générales.</li>



<li>Position des gouvernements actuels dansles pays arabo-musulmans.</li>



<li>Ces gouvernements ont dû faire un compromis entre les exigences des organismes mondialistes occidentaux et les exigences islamiques. En règle générale, ils ont adopté des lois occidentales en matière de contrats, de droit commercial, de droit pénal, de droit administratif. Cependant, ils ont maintenu la loi islamique en matière de droit de la famille et des successions, discriminant par là même les non-musulmans et les femmes. Certains d’entre eux ont aussi adopté en matière pénale les normes relatives aux châtiments dits islamiques. Tous ces pays ont une conception de la liberté religieuse fondée sur l’enseignement coranique : celle-ci implique le droit de devenir musulman, et l’interdiction d’abandonner l’Islam ou de le critiquer. L’apostat est puni parfois de mort et souvent d’emprisonnement, mais dans tous les cas il est considéré comme mort civilement, ce qui a pour conséquence la dissolution de son mariage, l’enlèvement de ses enfants, l’ouverture de sa succession et l’exclusion de la fonction publique[1].</li>



<li>Position des islamistes (ou « islam politique »)</li>



<li>Le courant islamiste veut établir un régime islamique, appliquer intégralement les normes de ce régime, sur le plan juridique et sur le plan des mœurs, précisément dans la mesure où ces normes représentent autant d’exigences de la foi islamique.Le même courant veut également rejeter toute loi d’origine occidentale. Le domaine qui est censé être réglé par la loi religieuse, laquelle est déduite du Coran et des récits de Mahomet (les deux sources principales de la loi islamique) doit être effectivement soumis à celle-ci. La volonté du peuple ne peut intervenir sur le plan législatif que dans les domaines non réglés par la loi islamique, et pour autant qu’elle n’entre pas en contradiction avecles principes de cette loi. Pour les tenants de cette position, tout musulman qui ne se soumettrait pas à cette loi cesserait d’être musulman[2].</li>



<li>Position des libéraux.</li>



<li>Ce courant libéral islamique est poussé par les organismes libéraux de l’Occident ; ses tenants estiment que le Coran est seulement un livre de spiritualité et d’éthique et non pas de droit, et que l’Islam n’est qu’une « spiritualité » et non pas un système politique. Dans les différents domaines de son existence, l’homme, même croyant, doit se déterminer en fonction de lois mises au point pour satisfaire les intérêts immédiats de l’être humain, et non pas pour lui procurer le salut de son âme. Ce courant critique d’une part le retour au système juridique islamique, préconisé par les islamistes, car jugé contraire aux droits de l’homme, notamment lorsqu’il s’agit de la liberté religieuse, de l’égalité entre musulmans et non-musulmans, de l’égalité entre hommes et femmes, et des châtiments corporels ; et il critique aussi d’autre part les gouvernements musulmans actuels, auxquels il reproche un certain attentisme.</li>



<li>Ces trois courants s’affrontent au sein de l’Islam et leur lutte idéologique est décisive. L’avenir de dizaines de pays musulmans ainsi que de l’Europe en dépend. La pénétration idéologique du libéralisme, détruisant les fondements-mêmes de l’Islam et des droits d’Allah, a provoqué une forte réaction défensive et celle-ci a alimenté à son tour les mouvements islamistes, et poussé les gouvernants à intégrer certains principes révolutionnaires.</li>



<li>Voilà qui devrait nous permettre de mieux comprendre où se situe exactement la déclaration d’Abou Dhabi dans le contexte où elle intervient : elle s’inscrit dans une série de documents émanant de l’un ou de l’autre de ces trois groupes. Reste alors à définir quels sont plus fondamentalement, au-delà de ces écrits de circonstances, les acteurs et les stratégies où se reconnaissent, pour leurs parts respectives, chacun de ces groupes.</li>
</ol>



<p>Abbé Guillaume Gaud.</p>



<p>[1]Sami Aldeeb, article intitulé « Mouvement de libération islamique » (p.3) et disponible sur le site du Centre de droit arabe et musulman : www.sami-aldeeb.com/articles/. Sami Aldeeb, né le 5 septembre 1949 en Cisjordanie, est un juriste naturalisé suisse en 1984, spécialiste du droit arabe et musulman. Il a notamment publié en 2008 une édition bilingue du Coran, en arabe et en français restituant le texte en classant les sourates par ordre chronologique selon l’Azhar, avec renvoi aux variantes, aux abrogations et aux écrits juifs et chrétiens. Il a préparé une édition similaire en italien et en anglais, une édition arabe annotée et un ouvrage en arabe sur les erreurs linguistiques dans le Coran (voir les publications). Il a aussi traduit la Constitution suisse en arabe pour la Confédération. Il se dit chrétien, mais a philosophie agnostique s’accommode fort bien avec le modernisme : selon lui, la révélation n’est pas un discours de Dieu aux hommes mais plutôt un discours des hommes sur Dieu. Néanmoins, sa compétence juridique éclaire par beaucoup d’endroits le vrai visage de l’Islam.</p>



<p>[2] Sami Adeeb, ibidem.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LE PAPE FRANÇOIS ET L&#8217;ISLAM : ENTRE LA DUPERIE ET L&#8217;ILLUSION</title>
		<link>https://courrierderome.org/le-pape-francois-et-l%c2%92islam-entre-la-duperie-et-l%c2%92illusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Abbé Guillaume Gaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 08:46:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courrier de Rome]]></category>
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					<description><![CDATA[643 1 &#8211; Un premier essai de fraternité des croyants 2 &#8211; Une stratégie non catholique… « Quelle devra donc être la contribution de l’Eglise à la paix&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>643</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Lors de l’avant-dernière session du concile Vatican II, en 1964, fut fondé &#8211; à l’initiative du cardinal Béa &#8211; un Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux. Cette institution était loin d’être isolée et s’inscrivait plutôt dans un ensemble de créations, qui devaient être promises à un bel avenir. Chez les protestants, en effet, le Conseil Œcuménique des Eglises mit sur pied un Office pour les Relations Interreligieuses. Sous l’impulsion des instances de l’ONU, naquit la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (CMRP), qui tint ses premières séances à Kyoto en 1970, à Louvain en 1974, à New-York en 1979. C’est dans un pareil contexte que les relations spécifiquement islamo-chrétiennestrouvèrent leur expression privilégiée dans l’organisation de colloques publics, régulièrement tenus à partir des années 70 : à Cordoue en 1974, à Tunis en 1974, à Tripoli en 1976, encore Cordoue en 1977, à Al-Azhar en 1978.Pour donner une tournure encore plus officielle à l’organisation de ces colloques, la Conférence épiscopale française mit en place en 1973 un Secrétariat pour la rencontre avec les musulmans, lequel devint ensuite un Service des Relations avec l&rsquo;Islam (SRI), dont l’orientation se situe à l’avant-garde du modernisme conciliaire. La revue Islamochristiana, publiée annuellement à partir de 1975 par l&rsquo;Institut Pontifical d&rsquo;Etudes Arabes et d&rsquo;Islamologie (PISAI) sert depuis de base d’études.</li>



<li>La première impulsion ainsi donnée dans les années 70 devait ouvrir la porte à un foisonnement aujourd’hui encore incessant de groupes et associations en tous genres, dont le point commun demeure toujours le même : la recherche, du côté catholique, d’une idyllique amitié islamo-chrétienne. C’est ainsi que l’on vit en 1977 la naissance du Groupe de Recherche Islamo-Chrétien (GRIC), en 1989 la fondation de l&rsquo;Association pour le Dialogue Islamo-Chrétien (ADIC) devenue en 1995 l&rsquo;Association pour le Dialogue International islamo-chrétien et les Rencontres interreligieuses, la création en 1992 du Groupe d&rsquo;Amitié Islamo-Chrétienne ; sans compter de nombreux groupes locaux, qui, la plupart du temps, engagent seulement quelques catholiques de tendance nettement progressistes et quelques musulmans, dans le maintien d’un dialogue auto-suffisant. Depuis ces dernières années, le nombre de forums de « dialogue islamo-chrétien » se multiplie sur internet. Cette multiplicité apparente se réduit en réalité à deux types d’intervention. Une première catégorie correspond à des sites qui sont plutôt entre les mains des musulmans, lesquels les utilisent, à destination des habitants européens, comme autant d’instruments de propagande et de supposée « apologétique » en faveur de l’Islam[1] : leur but premier est de rassurer les européens et de susciter une attirance pour l’Islam (un « appel à l’Islam »)d’une façon « adéquate à la psychologie occidentale ». Une deuxième catégorie correspond à des sites qui sont plutôt tenus par des catholiques ou des protestants et dont l’objectif est le plus souvent de présenter positivement chaque religion, et de susciter une réflexion sur les réponses que toutes les religions pourraient formuler en commun. Ces sites sont conçus par des occidentaux et pour des occidentaux (qu’ils soient musulmans ou chrétiens), et donnent de l’Islam une image honorable, en laissant croire que celui-ci peut et doit avoir toute sa place en Occident. Le résultat est clairement exprimé par cette réaction naïve reproduite dans le journal La Croix du 29 janvier 2021 : « Faute de connaissances, j’avais une vision négative de l’Islam ».</li>



<li>L’auteur de ces lignes a participé à plusieurs de ces forums internet et à nombre de ces réunions islamo-chrétiennes. Le seul résultat observable et observé est que les chrétiens sont investis dans l’islamisation, dans l’accueil de migrants musulmans, dans la diffusion d’ouvrages et de vidéothèques à la louange de l’Islam. Les véritables discussions constructives n’ont pas lieu dans ces organismes. Dans le meilleur des cas, « une fois accueillie la diversité comme donnée positive, il faut faire en sorte que les personnes acceptent non seulement l’existence de la culture de l’autre mais désirent en recevoir un enrichissement. Mon prédécesseur Paul VI énonçait en ces termes sa conviction profonde :  » L’Eglise doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit « [2]. […] Que les croyants soient donc toujours prêts à promouvoir des initiatives de dialogue interculturel et interreligieux, afin de stimuler la collaboration (cfNostraAetate) sur des thèmes d’intérêt réciproque, comme la dignité de la personne humaine, la recherche du bien commun, la construction de la paix. […] Pour être authentique, un tel dialogue doit éviter de céder au relativisme et au syncrétisme, et être animé d’un respect sincère pour les autres et d’un esprit généreux de réconciliation et de fraternité. J’encourage tous ceux qui se dédient à la construction d’une Europe accueillante, solidaire » [3].</li>



<li>Ce propos du prédécesseur immédiat de François manifeste déjà une grande naïveté et une illusion tout aussi grande, quant à la manière dont les grandes institutions islamiques conçoivent le but général de ce dialogue. Mais il y a plus : l’illusion conduit ici à une auto-censure réelle &#8211; alors qu’elle devrait être inacceptable &#8211; de la Mission évangélisatrice de l’Eglise. Voyons à présent comment l’illusion et l’auto-censure se poursuivent et s’aggravent sous le successeur de Benoît XVI.</li>
</ol>



<p>1 &#8211; Un premier essai de fraternité des croyants</p>



<ol start="5" class="wp-block-list">
<li>En 1978, le père Anawati, op, en sa qualité de membre de la délégation vaticane à Al-Azhar pour le colloque de dialogue interreligieux, proposa une conférence[4], dans laquelle il tentait de rapprocher les deux religions, catholique et musulmane, dans une vision consensuelle. Celle-ci avait pour objet la construction d’un « humanisme fondé en Dieu ou humanisme théocentrique », « conséquence de la foi en Dieu ». Pour cela, le bon père ne trouva mieux à faire que de relativiser la différence de foi entre Islam et catholicisme, en recourant pour cela à deux procédés complémentaires.</li>



<li>Le premier procédé joue sur le contenu de la foi. Il consiste à énumérer les vérités de foi apparemment communes aux catholiques et aux musulmans, mais sansen indiquer la teneur précise, moyennant quoi s’installel’équivoque, par exemple en ce qui concerne la foi en un Dieu unique. Car il n’est pas précisé ici que, dans la Révélation chrétienne, il est essentiel et non secondaire d’affirmer que ce Dieu unique est &#8211; dans le fond de son Être transcendant et donc mystérieux – subsistant en trois personnes : Père Fils et Saint-Esprit. Il n’est pas dit non plus que dans le Coran il est essentiel et non accessoire de nier que Dieu est Trinité. Le Père Anawati se garde bien d‘affirmer que catholiques et musulmans croient les mêmes réalités, et il ne dit pas non plus que le musulman n’a pas la foi au sens où l’entend l’Eglise catholique. Il passes également sous silence la distinction absolument fondamentale entre : a) d’une part la foi surnaturelle du chrétien, qui accepte toutesles vérités révélées pour l’unique motif de l’autorité de Dieu révélant, foi théologale, qui met le fidèle en possession de la Vérité qui est Jésus, le Verbe de Dieu, à la fois révélé et révélant ; b) d’autre part la foi du musulman, qui est une croyance purement humaine, laquelle non seulement est incapable de mettre le croyant musulman en possession de la Vérité entière qui est Jésus, mais en outre s’oppose réellement à ce que le croyant musulman puisse accéder à la vraie foi théologale.</li>



<li>Un tel procédé se contente de dire que dans le Coran la Révélation se trouve à l’état réduit ou de manière seulement imparfaite [5]. Cela rend incompréhensible l’essence religieuse de l’Islam, qui se définit en tant que tel comme le refus des trois principaux mystères révélés par Dieu et confiés à son Eglise, dans le christianisme : mystère de la Sainte Trinité ; mystère de l’Incarnation ; mystère de la Rédemption.</li>



<li>Le deuxième procédé joue sur la disposition du croyant. Il consiste à définir sa foi comme une dimension existentielle et relationnelle entre lui et Dieu. L’attention se porte alors exclusivement, dans l’âme des croyants, chrétiens et musulmans, sur la belle et admirable attitude de soumission à l’égard de l’Être souverain. Et la contradiction qui demeure entre les énoncés objectifs de leurs croyances respectives est tout simplement ignorée. La similitude et la proximité de cette attitude d’âme sert de fondement à la fraternité des croyants, à une sorte d’humanisme théocentré. Nous retrouvons cette idée dans le récent discours du Pape en Irak : « Dieu demanda à Abraham de lever les yeux vers le ciel et d’y compter les étoiles. […] Et aujourd’hui, nous, juifs, chrétiens et musulmans, avec nos frères et sœurs d’autres religions, nous honorons notre père Abraham en faisant comme lui : nous regardons le ciel. L’Au-delà de Dieu nous renvoie à l’autre du frère. Mais si nous voulons préserver la fraternité, nous ne devons pas perdre de vue le ciel. Nous, descendance d’Abraham et représentants de diverses religions, nous sentons avoir avant tout ce rôle : aider nos frères et sœurs à élever le regard et la prière vers le ciel »[6] . Le Pape laisse croire que nous aurions tous, juifs, chrétiens et musulmans, une même attitude, belle et louable, vis-à-vis d’un même Dieu ; mais les différences fondamentales qui opposent le Judaïsme et l’Islam au Catholicisme, avec les conséquences qui doivent en découler, sont volontairement tues.</li>



<li>Dans la réponse qu’il adressa au père Anawati, le sheikh Baraka assure catégoriquement que l’Islam n’a jamais cru qu’Allah « aurait concédé à l’homme de recourir à sa raison pour organiser la société conformément à une loi naturelle, qui correspondrait à une nature universelle de l’homme en tant que fondée sur la raison ». D’après lui, ceci s’oppose à la sharia et tend à dissoudre les articles de la croyance islamique. Ce sont donc, affirme-t-il, de mauvaises bases pour un dialogue interreligieux, car de telles bases font obstacle au rapprochement[7].</li>
</ol>



<p>2 &#8211; Une stratégie non catholique…</p>



<ol start="10" class="wp-block-list">
<li>Autant dans la déclaration d’Abou Dhabi, que dans le discours en Irak, le Pape François tait volontairement le Nom de Jésus ; le Christ n’est nommé ni directement ni indirectement, l’ordre socialchrétien, qui a toujours été décrit par les Papes comme la source de paix ici-bas, n’est évidemment pas abordé. Le Pape a choisi d’adopter la même tactique que le Père Anawati : tactique qui n’est ni celle d’un humanisme véritablement catholique, lequel trouve dans la foi la source de l’ordre et de la paix ; ni celle d’un humanisme athée, lequel pense trouver la source de la paix dans une humanité libérée de toute vérité imposée ; mais celle d’un supposé humanisme théocentré. Celui-ci pense trouver la source de la paix dans le fait que les hommes adoptent tous une attitude de croyants, qui les met en relation existentielle avec Dieu, quand bien même leurs croyances respectives porteraient sur des objets contradictoires. La conséquence immédiate, d’ailleurs assumée par le Pape François, est que celui qui adopte une pareille tactique se voit bien obligé d’abandonner le point de vue exclusif de la doctrine catholique, et de taire le seul moyen efficace pour obtenir la paix : Notre Seigneur Jésus Christ, vrai Roi des Nations.</li>



<li>L’on peut certes concevoir à quel point cette tactique soit tentante, à l’ère du mondialisme où il apparaît clairement que le discours de l’Eglise sur la royauté du Christ a fort peu de chances d’être accepté. C’est d’ailleurs la tentation à laquelle a succombé le concile Vatican II, bien avant Benoît XVI et François. Mais n’est-ce pas précisément avec la doctrine sociale du Christ Roi que la foi catholique se donne pour ce qu’elle est ? Saint Paul ne disait-il pas : « Priez pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, et qu&rsquo;ainsi je puisse annoncer le mystère du Christ » [8].L’Apôtre montrait ainsi que seule la foi en Jésus et notre union à Lui peuvent unir les hommes en les protégeant contre les erreurs : « … jusqu&rsquo;à ce que nous soyons tous parvenus à l&rsquo;unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu[…]afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur astuce pour induire en erreur; mais que, confessant la vérité, nous continuions à croître à tous égards dans la charité en union avec celui qui est le chef, le Christ » [9]. Saint Paul affirmait de la sorte que, loin d’être une religion parmi d’autres, la religion de Jésus Christ est l’unique vraie religion, la religion universelle : « Ce mystère, c&rsquo;est que les non-Juifs sont héritiers avec les Juifs, et membres du même corps et qu&rsquo;ils participent à la promesse de Dieu en Jésus-Christ par l&rsquo;Evangile. C&rsquo;est à moi, le moindre de tous les saints, qu&rsquo;a été accordée cette grâce d&rsquo;annoncer parmi les non-Juifs la richesse incompréhensible du Christ » [10].N’est-ce pas cela que nous attendons de celui à qui a été confié le rôle de « protéger saintement et exposer fidèlement le dépôt de la foi » [11] ? N’est-ce-pas cela que nous devons attendre du successeur de saint Pierre, du Pape, pasteur et docteur de tous les chrétiens ?</li>



<li>Le Pape Pie XII s’est déjà trouvé confronté aux mêmes difficultés que François, face à un monde qui se déchirait. Comment réagit-il ? Proposa-t-il aux croyants des différentes religions monothéistes de faire monter vers le Dieu unique la prière commune des enfants d’Abraham ? Non. Pie XII a rappelé de manière précise quel devait être le rôle de l’Eglisepour l’instauration de la paix mondiale. L’Eglise doit contribuer à l’instauration de cette paix en prêchant un ordre proprement chrétien et catholique :</li>
</ol>



<p>« Quelle devra donc être la contribution de l’Eglise à la paix ? quel sera le titre juridique, quelle sera la nature particulière de sa contribution ? Son titre juridique est le Fils éternel de Dieu fait homme, dont le nom est Princeps pacis, le Prince de la Paix. Prince et fondateur de la paix, tel est le caractère du Sauveur et Rédempteur du genre humain. Sa haute et divine mission est d’établir la paix entre chacun des hommes et Dieu, entre les hommes eux-mêmes et entre les peuples. Mais le Sauveur divin est aussi le chef invisible de l’Eglise ; voilà pourquoi sa mission de paix continue à subsister et à valoir dans l’Eglise.[…] Nous nous voyons dans la nécessité de déclarer : le monde est bien éloigné de l’ordre voulu par Dieu dans le Christ, ordre qui garantit une paix réelle et durable. Ce regard convaincra tout observateur impartial que le nœud du problème de la paix est présentement d’ordre spirituel, qu’il est déficience ou défaut spirituel. Un profond sens chrétien manque trop dans le monde aujourd’hui, et les vrais et parfaits chrétiens sont trop rares. C’est ainsi que les hommes eux-mêmes mettent obstacle à la réalisation de l’ordre voulu par Dieu » [12].</p>



<ol start="13" class="wp-block-list">
<li>Le Pape continuait en mettant en garde contre une fausse paix qui, refusant la source de la paix qu’est le Christ, et son instrument l’Eglise, se condamne à ne jamais exister :</li>
</ol>



<p>« Ce monde ne parle que de paix et il n’a pas de paix ; il revendique pour soi tous les titres juridiques possibles et impossibles pour établir la paix, mais il ne connaît ou ne reconnaît pas la mission pacificatrice qui vient directement de Dieu, la mission de paix de l’autorité religieuse de l’Eglise ».</p>



<ol start="14" class="wp-block-list">
<li>Allant plus loin, Pie XII dénonçait la fausse paix que prêche aujourd’hui le Pape François :</li>
</ol>



<p>Mais « si l’on enlève à l’autorité religieuse de l’Eglise ce qui est présupposé pour son action efficace en faveur de la paix, on aggrave encore la condition tragique du monde moderne, déjà si bouleversé. La défection de la foi chrétienne par beaucoup d’hommes a poussé à cette faute presque intolérable. Et l’on dirait que Dieu a répondu au crime, qui consiste à s’éloigner du Christ, par le fléau d’une menace permanente pesant sur la paix ».</p>



<ol start="15" class="wp-block-list">
<li>En se plaçant comme il le fait sur un terrain qui exclut d’avance le rôle de Jésus Christ et de la vraie religion, le Pape n’entrave-t-il pas la liberté de l’Eglise et sa charité missionnaire ? En toutétat de cause, il court le risque bien réel de se faire dépasser par de plus fins stratèges. C’est d’ailleurs ce qui semble être arrivé en Irak. Car le Pape y a subi trois retentissants échecs.</li>



<li>Le premier échec du Pape fut celui de la réunion interreligieuse tenue à Ur. François voulut y convier tous les descendants de la foi d’Abraham, dans cette perspective de paix et de coexistence commune. Or les Juifs manquèrent à l’appel, les autorités irakiennes et chiites n’acceptant pas leur présence.</li>



<li>Le deuxième échec fut celui de l’entrevue organisée à Najaf, où le Pape devait rencontrer l’Ayatollah Sistani. Ce dernier refusa de signer la déclaration d’Abou Dhabi sur la fraternité universelle.</li>



<li>La troisième humiliation eut lieu lorsque le Pape ne put éviter d’entendre les explications franches et courtoises données par l’Ayatollah Sistanilors de cette même entrevue. Celui-ci indiqua en effet au Pape les raisons profondes qui l’empêchaient de souscrire à la déclaration d’Abou Dhabi. La première raison de ce refus est théologique et concerne la définition de la fraternité. « L’Ayatollah Sistani a un dicton, j’espère le rappeler correctement : Les hommes sont soit frères par la religion, soit égaux par la création » [13]. Il s’agit d’une parole de l’imam Ali, qui borne la fraternité (autre que celle de la famille) à la vraie foi en Allah et ne reconnaît l’appartenance de tous les êtres humains qu’à une égalité de nature. L’Ayatollah n’accepte pas de signer une déclaration basée sur un langage équivoque, où chaque partie donne un sens différent au texte à signer.La seconde raison est d’ordre politique. Car ce que les pays de l’Islam attendent de la part du Pape ce ne sont pas des paroles mais des actes. Sistaniaffirme que les méfaits actuels d’ordre humain, social et matériel, décrits dans la déclaration d’Abou Dhabi sont surtout dus aux guerres. Sans détour, il accuse les grandes puissances qui mènent ces guerres et bafouent les droits humains, et donne en premier exemple le peuple palestinien opprimé. En conséquence le deuxième rôle des chefs religieux est d’aider ces mêmes puissances à rejeter le langage de la guerre et à ne pas faire primer leurs intérêts particuliers sur le droit des peuples à vivre dans la liberté et la dignité. En outre, les chefs religieux doivent protéger les peuples meurtris par ces guerres, comme cela a été fait en Irak.L’Ayatollah paraît ainsi renvoyer le Pape à sa propre responsabilité, afin qu’il agisse sur les gouvernements occidentaux pour faire cesser les guerres. Plutôt que de multiplier les déclarations à double sens.</li>



<li>L’Ayatollah n’a pas accepté le langage de l’équivoque. Mais avec cela, il a profité de l’illusion irénique du Pape, pourse servir du chef de l’Eglise catholique comme d’un porte-parole grâce auquel il lui a été possible de donner à l’ensemble du monde occidental une vision très satisfaisante de l’action chiite en Irak.</li>
</ol>



<p>3 &#8211; …entraînant le Pape aux confins de la foi musulmane</p>



<ol start="20" class="wp-block-list">
<li>Le Pape commença son discours à Ur en affirmant : « Dans ces étoiles, Abraham vit la promesse de sa postérité, il nous vit. Et aujourd’hui, nous, juifs, chrétiens et musulmans, nous honorons notre père Abraham ». Dans la prière qu’ilrécita ensuite, il nomme Abraham « notre père commun dans la foi, à nous, fils et filles d’Abraham appartenant au Judaïsme, au Christianisme et à l’Islam ».En tenant de pareils propos, se rend-il compte qu’il se fait plus proche de la doctrine musulmane que de la doctrine de l’Eglise ?</li>



<li>Rappelons que, pour l’Islam, la foi d’Abraham est celle du monothéisme pur (hanif) qui n’associe rien à Dieu: « Ils ont dit : soyez juifs ou chrétiens et vous serez bien guidés. Dis : plutôt la religion d’Abraham, véritablement monothéiste (hanif) et il n’était pas du nombre des associateurs » [14]. Aux yeux de l’Islam, juifs et chrétiens ont peu à peu dévié de cette foi d’Abraham, Mahomet fut alors envoyé pour les ramener au monothéisme, mais ils ne l’acceptèrent pas et depuis ils restent à mi-chemin entre croyance et incroyance : « Dis : Nous croyons en Dieu, à ce qu&rsquo;Il nous a révélé, à ce qu&rsquo;Il a révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux Tribus, à ce qu&rsquo;ont reçu de leur Seigneur Moïse, Jésus et les prophètes. Nous ne faisons aucune distinction entre eux, et c&rsquo;est à Dieu que nous nous soumettons »[15]. « Certes, ceux qui ne croient pas en Dieu et en Ses messagers, qui cherchent à créer une distinction entre Lui et Ses messagers, qui disent :  » Nous croyons en certains d’entre eux, mais pas aux autres  » et qui cherchent à prendre un chemin intermédiaire (entre la foi et l’incroyance) : les voilà les véritables mécréants. Et nous avons préparé pour eux un châtiment avilissant. Mais ceux qui croient en Dieu et en Ses messagers, et qui ne font aucune distinction entre ces derniers, voilà ceux à qui Dieu donnera leur récompense. Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux »[16].</li>



<li>D’autre part, certains termes religieux employés dans la déclaration d’Abou Dhabi y revêtent un sens islamique.</li>
</ol>



<p>Il est en effet question de « la compréhension de la grande grâce divine qui rend frères tous les êtres humains ». Le mot « grâce » est ici pris au sens islamique d’un bienfait naturel venant de Dieu. Pris en son sens catholique, ce motexprimerait une grave erreur, et sous-entendrait que tout homme est enfant de Dieu par la grâce sanctifiante, en raison même de sa création.</p>



<p>Il est encore question de « l’importance de ces valeurs comme ancre de salut pour tous». Le mot « salut » est employé dans la doctrine chrétienne en fonction du péché qui nous empêche d’entrer dans la Vie éternelle. Obtenir le salut, c’est sortir du péché et ce salut est apporté par le Christ qui expie nos péchés, notion que l’Islam refuse catégoriquement. Il s’agit ici, dans le sens que l’Islam donne à ce mot, d’un salut pour la vie de l’humanité sur terre.</p>



<p>Une autre expression où il est dit : « Nous, croyants en Dieu, dans la rencontre finale avec Lui et dans Son Jugement » est une expression typiquement islamique.</p>



<ol start="23" class="wp-block-list">
<li>Il est encore dit que « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine ». Au-delà de l’hérésie qu’elle véhicule assez nettement[17], cette phrase donne l’expression de la pure doctrine musulmane. Les commentateurs musulmans ne s’y sont pas trompés : « Ce faisant, on abandonne toute prétention à un exclusivisme apologétique qui dénie avec arrogance que l’autre religion puisse être révélée par Dieu »[18]. Or c’est bien là la pierre d’achoppement : alors que le Coran affirme que l’Evangile a été révélé par Dieu, l’Eglise a toujours affirmé que l’Islam n’est nullement révélé par Dieu, parce qu’il ne présente aucun signe réel de révélation, aucun motif de crédibilité, mais porte au contraire en lui les marques données par la Sainte Ecriture, six siècles auparavant, pour reconnaître les antichrists.Et pourtant … lePape a signé le texte comportant cette profession de foi musulmane, fidèle en cela à son aversion pour ce qu’il qualifie de « prosélytisme » et qui est en réalité l’expression la plus authentique de l’esprit missionnaire de l’Eglise.</li>



<li>Enfin, d’autres affirmations servent de prolongement à cette stratégie de l’Action Islamique Culturelle, dont l’objectif est d’utiliser une autorité morale occidentale pour aider les européens à accepter l’islamisation, et disculper celle-ci de toute violence :</li>
</ol>



<p>« La relation entre Occident et Orient est une indiscutable et réciproque nécessité ; afin que tous les deux puissent s’enrichir réciproquement de la civilisation de l’autre, par l’échange et le dialogue des cultures. L’Occident pourrait trouver dans la civilisation de l’Orient des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles et religieuses causées par la domination du matérialisme ». Le texte affirme ici sans ambages que les maladies spirituelles et religieuses de l’Occident vont trouver leur remède non dans l’Eglise romaine mais dans la civilisation de l’Orient &#8211; c’est-à-dire dans l’Islam intervenant à l’occasion d’une déclaration interreligieuse.</p>



<p>« Le dialogue entre les croyants consiste à se rencontrer dans l’énorme espace des valeurs spirituelles, humaines et sociales communes. Il consiste aussi à éviter les discussions inutiles ». Grâce à l’expérience de plus d’un demi-siècle de dialogue, nous savons à présent ce qu’il faut entendre par « discussions inutiles » : le désir de convertir autrui, et de lui montrer que sa religion ne vient pas de Dieu.</p>



<p>« De même nous déclarons – fermement – que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux. […]Le terrorisme détestable n’est pas dû à la religion – même si les terroristes l’instrumentalisent ». […] « Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu (Allah) a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière ». Cette citation altérée et tronquée du Coran (5.32), elle-même paraphrase du Talmud, modifie son véritable sens coranique. Ce sens est que Dieu n’autorise à tuer des personnes que si elles sont coupables de meurtre ou de corruption sur la terre. Le verset suivant explicite : « ceux qui font la guerre contre Allah et son Prophète, qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, qu’ils soient tués ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays ». L’on reste consterné de ce qu’un Pape ait pu signer de telles affirmations, issues du Coran présenté comme étant la parole de Dieu.</p>



<ol start="25" class="wp-block-list">
<li>De tout ce qui précède, il ressort assez clairement que la démarche entreprise par le Pape François n’est que l’un des multiples aspects d’une instrumentalisation accomplie par l’Islam, au préjudice des sociétés non musulmanes de l’Occident. Au grand scandale surtout des catholiques, dont la foi subit une altération sans précédent. Le chef actuel de l’Eglise en porte désormais la grave responsabilité, devant Dieu et devant les hommes.</li>
</ol>



<p></p>



<p>[1] Par exemple, le « forum de dialogue islamo-chrétien.com »</p>



<p>[2] Paul VI, Encyclique Ecclesiamsuam du 6 août 1964, n° 67.</p>



<p>[3] Benoît XVI, « Message à l’occasion de la journée d’études sur le dialogue entre cultures et religions », le 3 décembre 2008.</p>



<p>[4] Cf. l’article « Les acteurs et leur stratégie dans le monde musulman » dans le numéro de juin 2021 Courrier de Rome.</p>



<p>[5]Ainsi procède Jean-Paul II dans son livreEntrez dans l’Espérance.</p>



<p>[6]François, « Discours tenu dans la plaine d’Ur, lors de la rencontre interreligieuse au cours du voyage apostolique en Irak », le 6 mars 2021.</p>



<p>[7]Cfl’étude du Père Emmanuel Pisani, op,Le dialogue islamo-chrétien à l’épreuve : PèreAnawati, op – Dr Baraka. Une controverse au vingtième siècle,L’Harmattan, 2014. Le Père Emmanuel Pisani, dominicain de Montpellier et membre de l&rsquo;IDEO (l’Institut Dominicain d&rsquo;Etudes Orientales du Caire) est Directeur de l&rsquo;ISTR de l&rsquo;Institut Catholique de Paris. Il enseigne l&rsquo;islamologie à Paris, Lyon et Rome. Il a soutenu une thèse de doctorat en philosophie et théologie sur les hétérodoxes et les non musulmans dans la pensée d&rsquo;al-Cazâlï.</p>



<p>[8] Col, IV, 3.</p>



<p>[9]Eph, IV, 14-16.</p>



<p>[10]Eph, III, 6-9.</p>



<p>[11] Concile Vatican I, constitution PastorAeternus, chapitre IV, DS 3076.</p>



<p>[12]Pie XII, « Radio-message au monde entier » du 24 décembre 1951.</p>



<p>[13] Pape François, « Conférence de presse lors du vol de retour du voyage en Irak », le 8 mars 2021.</p>



<p>[14] Coran 2.135</p>



<p>[15]Coran 3.84-85</p>



<p>[16] Coran 4.150-152</p>



<p>[17] Voir l’article « François et le dogme (II) » dans le numéro de février 2019 du Courrier de Rome.</p>



<p>[18] Commentaire de la Déclaration d’Abou Dhabi élaboré par un groupe international de savants et intellectuels musulmans, disponible sur le site :www.christians-muslims.com.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>(III)  LES DROITS DE L&#8217;HOMME  ET L&#8217;ISLAM</title>
		<link>https://courrierderome.org/iii-les-droits-de-l%c2%92homme-et-l%c2%92islam/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Abbé Guillaume Gaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 08:46:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courrier de Rome]]></category>
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					<description><![CDATA[642 1 &#8211; La fraternité universelle selon l’Islam : vision traditionnelle 2 &#8211; Une évolution doctrinale 3 &#8211; Application de l’ijtihadà la notion de fraternité Le Colloque de&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>642</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Les instances islamiques mondiales, dont l’article précédent a donné le descriptif, ont à plusieurs reprises mis au point des déclarations islamiques des droits de l’homme, des projets de constitutions islamiques, des chartes modernes. Ces documents présentent tous le même objectif commun, qui est de concilier la sharia et l’idéologie libérale, tout en imposant certaines limites à cette idéologie, afin de préserver la spécificité de la communauté musulmane.</li>



<li>D’autre part, ces mêmes instances se sont proposé d’implanter l’Islam dans une société occidentale dominée par les droits de l’homme. Pour ce faire, il s’est avéré nécessaire d’utiliser le principe libéral sous-jacent à ces droits de l’homme, au profit des individus musulmans vivant en Occident, ainsi qu’à l’avantage des communautés musulmanes qui se forment en nos pays, afin de les stabiliser et leur permettre de rayonner.</li>



<li>Ces objectifs ont toute leur importance, car ce sont eux qui doivent nous indiquer la signification que l’Islam, pris comme tel entend donner au document d’Abou Dhabi.</li>
</ol>



<p>1 &#8211; La fraternité universelle selon l’Islam : vision traditionnelle</p>



<ol start="4" class="wp-block-list">
<li>Le Coran entend désigner par le mot « frère » le membre d’une même tribu, d’une même famille, notamment dans les récits des prophètes. Cette fraternité est décrite comme superficielle, et peut être source de conflit. En effet, si le Coran enseigne le monogénisme, il n’en déduit jamais que tous les hommes sont frères : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d&rsquo;un mâle et d&rsquo;une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d&rsquo;entre vous auprès de Dieu est le plus pieux » [1]. Loin de désigner une valeur universelle et commune à tous les hommes, le terme de fraternité doit s’entendre de ce qui est réservé aux croyants : « Les croyants sont des frères » [2]. […] « Les vrais croyants sont ceux qui ont foi en Dieu et en Son Prophète, sans plus jamais connaître de doute, et qui mettent leurs biens et leurs personnes au service de Dieu » [3]. L’imam Mouhammad-al-Boukhârî[4] rapporte que « le musulman est le frère du musulman, il ne fait pas preuve d’injustice envers lui et ne l’abandonne pas ». L’imam Muslimibnal-Hajjaj[5] rapporte avec son maître Al-Boukhârî que « les croyants sont à l’image d’un même corps ; si l’un de ses membres souffre, c’est tout le corps qui souffre ». Cette fraternité entre musulmans est un don de Dieu : « Rappelez-vous le bienfait que Dieu vous a accordé en unissant vos cœurs, pour que vous deveniez des frères, alors qu’auparavant vous étiez des ennemis » [6].On ne trouve pas une doctrine différente chez les grands théologiens musulmans classiques.</li>
</ol>



<p>2 &#8211; Une évolution doctrinale</p>



<ol start="5" class="wp-block-list">
<li>Aussi, l’effort de réflexion opéré actuellement au sein des différentes instances islamiques mondiales consiste-t-il à intégrer au corpus doctrinal musulman ces conceptions nouvelles de la modernité, étrangères à l’Islam.</li>



<li>Il convient de laisser de côté les penseurs musulmans modernistes[7], nullement représentatifs de cette réflexion. Ceux-ci adoptent en effet un mode de raisonnement historiciste et réinterprètent le Coran et la Sunna conformément aux procédés de la contextualisation, de l’évolution sémantique, de l’herméneutique de la pensée et peuvent faire dire aux textes ce qu’ils veulent. Ils sont considérés comme des hétérodoxes et leur influence est très limitée. On doit également exclure les soufis, qui sont le plus souvent inspirés par l’ésotérisme gnostique etsortent eux aussi de l’orthodoxie. Voici par exemple ce qu’écrit l’un d’entre eux : « En vérité, les hommes ne forment qu’une communauté, même si leurs langues ou leurs croyances les séparent. Ils sont en effet reliés par trois niveaux de fraternité : la fraternité adamique, la fraternité de croyance et la fraternité d’âme qui est la plus noble et la plus belle » [8]. Pareille conception n’a rien à voir avec l’islamisation dont nous voulons parler ici.</li>



<li>Autrement plus représentatifs sont les efforts de réflexion, entrepris par les instances officielles pour interpréter les textes fondateurs de l’Islam en tenant compte de la modernité, et qui sont désignés en langage musulman sous le terme générique de « ijtihad ». Ces efforts aboutissent à relire le Coran et la Sunna, mais selon les règles de la jurisprudence islamique, ou « fiqh ». Cette réflexion prend son point de départ dans la recommandation qui est au fondement même de lecture : le critère principal est de chercher le dessein du législateur, de déterminer le but visé par la loi[9]. Bien sûr, précise l’un des principaux spécialistes de cette jurisprudence, « on ne détermine pas l’objectif du Législateur sur la base de conjectures ni d’estimations non vérifiées » [10]. Cet objectif « est la préservation de trois intérêts : les nécessités, les besoins et les éléments complémentaires[11] ; or les cinq nécessités à protéger sont la religion, la vie, la descendance, les biens et la raison » [12]. Il importe dès lors de comprendre « ce qui est considéré comme l’objectif premier, dont découlent tous les autres ; celui-ci consiste en ce que la loi a été instituée pour les intérêts (masalih) des êtres humains ici-bas et dans l’au-delà »[13].</li>



<li>Un deuxième principe intervient alors, le principe d’istislâh, c’est-à-dire l’intérêt de la communauté. Il légitime la prise en compte et même l’appropriation de tout ce qui ne s’oppose pas directement à la sharia ; tout ce qui est utile au développement de la société musulmane devient ainsi acceptable, si cela s’avère profitable au bien réel de la communauté islamique. Cet utilitarisme légal ne doit donc pas donner le change, car les docteurs de la Loi (oulemas) sont capables de signer des chartes, des déclarations et des réponses d’ordre juridique (ou fatwas) dans la mesure où cela est utile pour la progression de l’Islam.Nous tenons là l’élément essentiel grâce auquel l’adhésion de l’Islam à la déclaration d’Abou Dhabi doit prendre tout sens véritable sens.</li>
</ol>



<p>3 &#8211; Application de l’ijtihadà la notion de fraternité</p>



<ol start="9" class="wp-block-list">
<li>Le concept de la fraternité universelle est un concept spécifique du libéralisme moderne et il a été mis au point pour pouvoir être traduit juridiquement,conformément à la déclaration des droits de l’homme, à travers les notions connexes de nation, de citoyenneté, et de droit des minorités.Pour intégrer la fraternité universelle dans la pensée coranique, les instances islamiques vont donc redéfinir le concept de base des droits de l’homme, pour le rendre acceptable juridiquement selon les principes coraniques.</li>



<li>Voyons donc quelques exemples, manifestant ces tentatives, accompagnées de la fameuse stratégie d’entrisme en Occident.</li>
</ol>



<p>Le Colloque de Koweït de 1980</p>



<ol start="11" class="wp-block-list">
<li>En 1980,la Commission internationale des juristes, l’Université du Koweït et l’Union des avocats arabes organisèrent un colloque, qui résume en les assumant les différentes affirmations rencontrées jusqu’ici dans la plupart des documents internationaux islamiques.</li>



<li>« L’islam considère la société humaine comme une seule et même famille » [14]. […]« Bien que le Coran et la Sunna comportent des principes fondamentaux qui régissent et règlementent les droits de l’homme, ces deux sources permettent aussi à la société islamique – conformément aux assises de la sharia – d’imaginer la réalisation des dits principes, suivant les circonstances en cours dans une société déterminée » [15]. […] « L’Islam affirme et garantit les droits et obligations des non-musulmans, minoritaires ou étrangers, sur la base de la justice, de la tolérance et du respect total. Ils ont le droit de pratiquer leur foi et leurs rites et d’exercer les métiers et activités qu’ils désirent ; ceci est vrai seulement dans les limites fixées par la loi musulmane et, par exemple, il est impossible pour les chrétiens de faire de la politique dans beaucoup de pays musulmans, comme le Maroc » [16]. […] « L’Islam a le mérite d’avoir été le premier à reconnaître la liberté d’opinion et d’expression » [17]. […] « L’Islam a en outre le mérite d’avoir été le premier à avoir reconnu les droits de l’homme depuis quatorze siècles, avec un contexte et des garanties [la dhimmitude !] que n’ont atteint les déclarations mondiales et les lois positives que bien récemment. Les droits et libertés dans le régime islamique ne sont pas des droits naturelsmais bien des dons divins basés sur les dispositions de la sharia et de la foi islamique. Ce qui leur donne des caractéristiques de généralité et d’universalité» [18]. Ce dernier passage a son importance, car nous y voyons clairement le principe fondamental de la pensée musulmane : il n’existe pas de droit naturel universel (car la philosophie divise), mais il existe seulement une Révélation coranique universelle, indiscutable et nécessaire et pour autant source d’unité du genre humain.</li>



<li>Le colloque affirme avec cela que l’Islam a le grand mérite d’avoir été le premier à protéger sérieusement les minorités religieuses dans l’Etat islamique, en veillant au respect de leurs droits et de leurs libertés personnelles. Il en résulte que l’Islam doit être considéré par les régimes politiques contemporains comme un exemple en ce domaine. Les § 25-28 traitent du droit des minorités et affirment en toutes lettres : « Le colloque recommande aux Etats islamiques de ratifier le Pacte en question, pour permettre aux minorités musulmanes dans les Etats signataires non-musulmans de jouir du droit de pratiquer leurs propres traditions culturelles islamiques et d’exercer les rites de l’islam »[19]. Puis il affirme : « Les Etats islamiques doivent apporter aux minorités musulmanes dans les Etats non-musulmans les secours matériels et moraux qui leur permettent de resserrer leurs attaches avec l’Islam face au matérialisme moderne, de soutenir le droit d’élever leurs enfants selon les préceptes et l’éducation islamiques et nationaux » [20].Nous avons ici la preuve, ou du moins un indice très important, de l’idée que nous voulons mettre ici en évidence : les déclarations en faveur des droits de l’homme, les concepts de fraternité et d’égalité, sont toujours utilisés par les instances musulmanes comme le moyen de réaliser « la fixation de l’Islam hors du Monde islamique, devenue une des charges importantes des communautés musulmanes, des Etats islamiques et des organisations islamiques concernées ».</li>
</ol>



<p>La Déclaration islamique universelle de 1980.</p>



<ol start="14" class="wp-block-list">
<li>Cette Déclaration a été composée par le Conseil islamique d’Europe, lors de la Conférence internationale sur le Prophète Mahomet et son message, organisée à Londres du 12 au 15 avril 1980. Elle s’ouvre par un long Prologue, qui manifeste très clairement le but recherché par les auteurs : l’instauration d’un ordre pacifique universel, basé sur la recherche de la justice, commune à tous les hommes ; cette justice ne peut qu’être le fruit de « l’équité » dont l’unique source est dans la révélation islamique. Cela est tout à fait sérieux, si l’on ne perd pas de vue que l’Islam n’est pas vu comme une religion surnaturelle, ou spécifique ; il est la « religion naturelle de l’homme » [21], c’est-à-dire inscrite au fond de sa nature humaine. La grande revendication de la modernité en faveur des droits de l’homme est alors interprétée comme quelque chose d’islamique. La seule difficulté tient à ce que les occidentaux, parce qu’ils ignorent cette origine islamique, « exagèrent » [22] dans leurs revendications, n’ayant pas le sens du « juste milieu », caractéristique de l’Islam, qui seul possède cette « voie médiane » [23] de l’humanité. Ainsi non seulement « la mise en pratique de la loi islamique constitue un devoir pour les membres de la communauté musulmane », mais « il en est de même de la nécessité pour eux d’instaurer un ordre islamique universel ayant la justice pour fondement. Car Allah Tout-Puissant a envoyé ses messages et révélé ses Livres dans le but de faire régner l’équité parmi les hommes » [24].</li>
</ol>



<p>La Déclaration des droits de l’homme en Islam, rédigée au Sommet de l’OCI (1981).</p>



<ol start="15" class="wp-block-list">
<li>Cette Déclaration est le second document fondamental publié par le Conseil islamique « pour marquer le commencement du quinzième siècle de l’ère islamique ». Elle a été promulguée le 19 septembre 1981 à Paris, lors d’une réunion organisée à l’Unesco.L’objectif en est clairement affirmé. Le principe fondamental est que l’Islam est naturel à l’homme. Il est une simple mise en acte de la dignité humaine, qui est d’être vicaire de Dieu sur terre, en accomplissant Sa Volonté. La dignité de l’homme se perfectionne par ses actes en se soumettant aux « préceptes divins transmis par les prophètes, dont la mission a atteint son apogée dans le message divin final délivré par le prophète Mahomet à toute l’humanité. […]Les enseignements de l’Islam sont la forme définitive et parfaite, et nous estimons notre devoir de rappeler à l’homme la haute condition et la dignité que Dieu lui a conférée ». L’Islam a reçu la mission de guider les pays non-musulmans, en leur montrant comment tenir le juste milieu lorsqu’ils revendiquent les droits de l’homme : « Réaffirmant le rôle culturel et historique de la Nation islamique, que Dieu a fait une nation médiane […], laquelle Nation a légué à l’humanité une civilisation mondiale équilibrée […], qualifiée aujourd’hui pour guider l’humanité perplexe entre les courants et les idéologies compétitifs, et pour proposer les solutions islamiques aptes à résoudre les problèmes, […] en vue d’accomplir les efforts déployés par l’humanité pour faire valoir les droits de l’homme dans les temps modernes, notamment la proclamation et les conventions adoptées par l’Assemblée générale des Nations unies […], conscients que l’humanité, ayant atteint un grand progrès dans la science matérielle, a besoin d’un appui religieux à sa civilisation et d’un auto-frein qui protège ses droits ; croyant que les droits et libertés dans l’Islam font partie de la religion des musulmans, et que personne ne peut les violer parce qu’ils sont des dispositions divines à suivre, […], les Etats membres de l’Organisation de la Conférence islamique déclarent ce qui suit :</li>
</ol>



<p>« Article 1 : L’humanité dans tous les pays constitue une seule famille, unie par son adoration au Tout-Puissant et sa reconnaissance d’Adam comme père de tous les êtres humains ; tous les gens sont donc égaux dans la dignité humaine, dans l’accomplissement des devoirs et des responsabilités ». On remarquera ici deux différences avec la Déclaration Dignitatishumanaedu concile Vatican II, sur la liberté religieuse : on ne parle pas de l’exercice de cette dignité, mais d’une égalité dans la dignité ontologique ; en outre cette dignité est circonscrite « dans l’accomplissement des devoirs », et non pas « en ceux-là mêmes qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer », comme le dit Dignitatishumanaeen son chapitre I, § 2.</p>



<p>Art 9 : Tout individu a droit à la liberté d’opinion et à celle d’expression, dans la limite des principes et valeurs en vigueur ».On remarquera que cette limitation est précisée dans le Prologue : la proclamation des droits de l’homme est faite « en vue de réaliser les enseignements spécifiques de la sharia islamique éternelle qui appelle à sauvegarder la foi etc…». Une de ces limites est affirmée clairement à l’article 12 : « Le musulman qui a été guidé à l’Islam ne doit pas se convertir à une autre religion ».</p>



<ol start="16" class="wp-block-list">
<li>L’article 27 clôt cette Déclaration des droits islamiques de l’homme en indiquant quel en est le principe définitif d’interprétation: « Les droits et libertés prévus dans ce document sont soumis aux dispositions de la sharia islamique ainsi qu’aux objectifs de celle-ci ». Et l’article 28 ajoute : « La sharia islamique, dans ses sources essentielles et accréditées, est la seule référence pour expliquer ou éclaircir tout article de ce document ».</li>
</ol>



<p>La Déclaration du Caire des droits de l’homme en Islam de 1990</p>



<ol start="17" class="wp-block-list">
<li>Adoptée au Caire le 5 août 1990 par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), lors de la dix-neuvième Conférence islamique des ministres des affaires étrangères, cette Déclaration est une nouvelle version de la Déclaration universelle des droits de l’homme en Islam. Cinquante-sept Etats l’ont ratifiée. Quelques changements y manifestent une double influence contradictoire. A l’article 1, on passe de : sans aucune discrimination « en raison de la croyance » à « en raison de la religion » ;l’expression désignant « l’individu le plus méritoire auprès de Dieu est le plus pieux » [ce qui était volontairement équivoque] devient « la vraie foi garantit l’accroissement de cette dignité sur le chemin de la perfection humaine ». A l’article 2, l’interdiction de l’IVG a disparu. A l’article 9, à propos du droit à l’enseignement, l’expression où il est dit : « de sorte que l’homme puisse connaître la religion de Dieu » devient « la religion islamique ». A l’article 10, l’interdiction pour un musulman de se convertir à une autre religion est motivée par l’ajout suivant : « parce que l’Islam est la religion naturelle de l’homme ». A l’article 22, les limites de la liberté d’expression sont exprimées de manière plus claire : « Tout individu a le droit d’exprimer clairement son opinion d’une manière non contraire aux principes de la loi islamique ». L’apostolat missionnaire des autres religions que l’Islam est interdit. L’article 24 circonscrit en ces termes l’ensemble des droits de l’homme : « Tous les droits et libertés énoncés dans ce document sont subordonnés aux dispositions de la loi islamique ».</li>
</ol>



<p>La déclaration de Marrakech du 27 janvier2016.</p>



<ol start="18" class="wp-block-list">
<li>Ce document est une réponse organisée par le roi du Maroc face aux exactions commises par l’Etat islamique de l’Irak sur les minorités religieuses. Son but est de définir la place de ces minorités religieuses dans les pays musulmans. Pour ce faire, le texte tente de donner une légitimité et un ancrage théologique à la notion de citoyenneté, au moyen d’une analogie avec la Charte de Médine, jadis conclue entre Mahomet et les juifs de cette ville. Cette charte devient ainsi le point de référence pour définirle rôle de l’Islam dans une société pluraliste. De façon anachronique, elle est présentée comme une réponse de Mahomet pour élaborer « la constitution (dustûr) d’une société multiethnique et pluriconfessionnelle »[25], alors qu’elle était un simple traité d’alliance entre clans et tribus vivant sur des territoires voisins.</li>



<li>La déclaration confond une coexistence pacifique entre différents groupes en vue de leur préservation réciproque, avec le pluralisme actuel qui se base sur la revendication, au sein d’une société moderne, du droit de ses membres aux libertés individuelles révolutionnaires, notamment l’interchangeabilité de l’identité (races, nations, genres, religions). Loin de préserver l’existence des groupes et l’identité des individus, ce document pose le principe de leur dissolution. Car l’identité ne se base plus que sur le choix personnel et libre.</li>



<li>Cette Charte de Médine rejoint ainsi le propos de Saïd Ramadan[26], fondateur du premier centre islamique en Europe. Sa thèse, écrite en 1961, est intitulée La sahrî’a : le droit islamique, son envergure et son équité.Cette thèse croit pouvoir s’autoriser d’une analogie, en réalité fort lointaine,qui rattacherait les concepts de l’époque de Mahomet et ceux de la nôtre, pour affirmer que « l’Islam a devancé tous les traités internationaux en apportant une législation pour la protection, l’autonomie sociale, la liberté et l’intégrité totales de tous les ressortissants de l’Etat islamique, qu’ils soient musulmans ou non-musulmans. En vertu de ses principes fondamentaux, l’Islam a rejeté les notions mêmes de majorité et de minorité comme étant contraire au principe de l’égalité de tous les hommes »[27].</li>



<li>La Déclaration de Marrakech conclut que les finalités de la Charte de Médine représentent un point de référence conforme à celui que dessinent les finalités mêmes de la charte des Nations Unies et de la Déclaration des droits de l’homme. L’une et l’autre charte donneraient ainsi un même cadre légal, aux constitutions des pays à majorité musulmane, cadre légal nouveau pour ces pays, lequel ne saurait être ni la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 &#8211; non acceptée par un grand nombre d’Etats musulmans &#8211; ni la Déclaration islamique universelle des droits de l’homme, qui ne parvenait pas à concilier les deux aspects de l’Islam et de la modernité. Pour autant la liberté de devenir chrétien n’est toujours pas reconnue au musulman, pasmême par cette déclaration de Marrakech.</li>



<li>Reste à vérifier comment le concept de « citoyenneté » a pu être intégré à l’Islam, moyennant cette Déclaration de Marrakech.</li>
</ol>



<p>4 &#8211; Citoyenneté et minorités en Islam</p>



<ol start="23" class="wp-block-list">
<li>Le terme musulman de citoyenneté (muwaaTana), vient de « waTan », la nation où l’on vit. Ce mot est moderne et définit une situation et un concept inexistants dans le monde arabe des siècles passés. La citoyenneté décrite dans cette déclaration de Marrakech intervient pour donner à l’Islam le moyen de dépasser le concept de minorité (qui concerne les groupes) en s’appuyant sur celui de citoyenneté (qui concerne les droits individuels). C’est pourquoi, le pape François a pu préciser que «la déclaration de Marrakech appelait à dépasser le concept de minorité religieuse afin de promouvoir l’importance de la citoyenneté et de reconnaître la valeur de l’humain, qui doit être au cœur de tout système juridique » [28].</li>



<li>Il est remarquable que, dans la déclaration d’Abou Dhabi, la même idée est encore affirmée. Le document signé par le Pape et le Grand Imam de l’Université Al-Azhar entend faire disparaître l’idée même d’une minorité, et revendiquerla liberté individuelle de la part de n’importe quel individu dans n’importe quelle société, au-delà de toute appartenance à un groupe autre que la Nation au sens moderne de ce mot, c’est-à-dire telle que fondée sur un contrat et non plus sur des liens de sang, de culture ou de religion.« Le concept de citoyenneté se base sur l’égalité des droits et des devoirs à l’ombre de laquelle tous jouissent de la justice. C’est pourquoi il est nécessaire de s’engager à établir dans nos sociétés le concept de la pleine citoyenneté et à renoncer à l’usage discriminatoire du terme minorités, qui porte avec lui les germes du sentiment d’isolement et de l’infériorité ; il prépare le terrain aux hostilités et à la discorde et prive certains citoyens des conquêtes et des droits religieux et civils, en les discriminant ».</li>



<li>La pleine citoyenneté, si elle était vraiment appliquée au monde islamique, devrait rendre possible la liberté de se convertir au christianisme. Mais il n’en est rien. En effet, le principe que l’on retrouve dans les déclarations des droits de l’homme en Islam est que « les droits et libertés prévus dans ce document sont soumis aux dispositions de la loi islamique ainsi qu’aux objectifs de celle-ci ». En revanche, si la pleine citoyenneté est appliquée comme il se doit au monde occidental, elle doit rendre possible une plus grande liberté dans la revendication des droits individuels des musulmans qui veulent suivre la sharia.</li>



<li>De fait, si l’on examine avec tant soit peu d’attention la déclaration du Pape et les efforts conjoints des Émirats d’Al-Azhar et du Maroc, l’on s’aperçoit que la question des minorités est envisagée par eux tous exactement de la même manière, c’est à dire dans le cadre d’une citoyenneté individuelle. Or, il s’agit là d’un concept provenant de la Révolution française de 1789 [29], difficilement assimilable par la pensée orientale, bâtie qu’est celle-ci sur le communautarisme.</li>
</ol>



<p>5 &#8211; La charte de la Mecque</p>



<ol start="27" class="wp-block-list">
<li>Pour sortir de cette contradiction, la Ligue islamique mondiale saoudienne organisa en 2019 un Sommet de la Mecque, où furent abordés les points d’importance touchant le dialogue entre religions et cultures, lequel a lieu uniquement en Occident. Il y fut principalement question de la modération et de la tolérance en Islam. La charte publiée à l’issue de ce Sommet affirme que « l’extrémisme déforme l’image de la religion » et s’engage pour la « citoyenneté globale », en reconnaissant les libertés, notamment la liberté de religion,dans la mesure où celles-ci sont conformes à la loi islamique. Cependant, le texte ne mentionne nulle part la liberté de conscience.Cette charte de La Mecque condamne non seulement les extrémistes musulmans mais aussi les penseurs occidentaux qui dénoncent la réalité de ce qu’ils appellent un choc des civilisations etveulent neutraliser l’islamisation progressive de l’Occident. La charte voit dans les uns comme dans les autres les « responsables de l’islamophobie »[30].</li>



<li>De la sorte, ce texte corrobore la déclaration d’Abou Dhabi, en ce qu’elle justifie elle aussi le pluralisme religieux,et réclame, au nom du vouloir divin, la nécessaire acceptation des différences [31]. Les différences doivent être perçues comme quelque chose de positif.Il est bien clair que toutes ces idées s’inscrivent parfaitement dans la méthode d’islamisation de l’Occident,mise au point par la « Stratégie de l’Action Islamique Culturelle à l’extérieur du Monde islamique ». Logique avec elle-même, la charte de La Mecque lance un « appel aux politiques pour qu’ils légifèrent contre les promoteurs de haine ».</li>



<li>Les faits n’ont que trop parlé d’eux-mêmes et prouvé à quel point était non seulement grande mais même criminelle l’illusion entretenue par la déclaration d’Abou Dhabi. Sans parler de l’inconscience inexplicable du Pape François. Les attentats fomentés par le mouvement jihadisteen France ces dernières années ont en effet été l’occasion de mettre à découvert la stratégie mise en application par les Frères Musulmans au moyen du CCIF (Collectif contre l’islamophobie). Personne ne peut plus ignorer que l’objectif de cette stratégie n’est autre que de neutraliser toute défense française contre l’islamisation.</li>
</ol>



<p>6 &#8211; En conclusion</p>



<ol start="30" class="wp-block-list">
<li>Nous pouvons vérifier ici la portée de la profonde remarque de Michel Villey : « Toute science du droit est suspendue à un système général de philosophie » [32]. Après deux siècles de réflexions infinies sur les droits de l’homme, nous sommes en mesure de comprendre à quel point est vaine toute discussion sur ce sujet, si nous ne remontons pas aux systèmes de pensée qui l’ont mis en place. Deux visions du monde, deux pensées, deux philosophies se sontopposésjusqu’ici. Aujourd’hui un troisième système de pensée s’impose sur la scène internationale : l’Islam sunnite. Système puissant tant qu’il s’appuie exclusivement sur ses bases religieuses et s’y cantonne. Mais système fragile, dès qu’il se montre incapable de s’asseoir sur une base doctrinale rationnellement solide. Ayant officiellement refusé d’asseoir sa pensée religieuse sur une philosophie, l’Islam se prive par le fait même des outils nécessaires à une réflexion théologique conforme à la nature raisonnable de l’homme. Confrontée à l’influence d’une modernité venue de l’Occident et qui finit par s’imposer à elle, la religion du Coran se divise intérieurement en raison de toutes les interprétations contradictoires qu’autorise ce qu’il faut bien désigner comme son fidéisme. Cependant, tout en se fissurant en raison de cette absence de fondement rationnel, l’Islam a su utiliseravec un cynisme admirable le libéralisme issu de la modernité, pour le retourner contre l’Occident.</li>



<li>Les multiples déclarations que nous avons passées en revue et qui concernent les droits de l’homme, la fraternité, la citoyenneté, ne sont ouvertes à la modernité qu’en apparence et en réalité elles ne concèdent au musulman aucun droit pour qu’il puisse se convertir au christianisme. Elles ont seulement jeté de la poudre aux yeux, et faussement rassuré les Occidentaux, en multipliant les partenariats et les pseudo alliances avec les Etats islamiques. Ce faisant, elles ont accrédité l’idée pourtant fausse queles principes islamiques peuvent s’adapter en souplesse aux idéaux du libéralisme.</li>



<li>Le revers de la médaille n’est pas seulement dans l’illusion dont est victime l’Occident. Il est aussi dans une aggressivité et une intransigeance accrues de la religion de Mahomet. En effet, plus l’Islam se montrera fragilisé par cette volonté d’accommodement aux principes libéraux, plus grand sera le nombre des musulmans qui iront chercher un regain de solidité dans une mise en pratique exclusiviste du Coran et de la Sunna, alimentant sans cesse le développement du salafisme, tel qu’il s’observe aujourd’hui.</li>



<li>Ne serait-ce pas plutôt le moment favorable pour bon nombre de musulmans de découvrir la vraie foi catholique ? Mais le monde aurait pour cela besoin de prédicateurs exemplaires, par la fermeté de leur foi et l’affection de leur charité vis-à-vis de tous.</li>
</ol>



<p></p>



<p>[1] Coran 49.13</p>



<p>[2] Coran 49.10</p>



<p>[3] Coran 49.15</p>



<p>[4]Mouhammad-al-Boukhârî (810-870) est un érudit musulman d’origine perse. Il compte parmi les grands noms de l’Islam sunnite, en raison de son ouvrage de compilation de hadiths, le Sahîh al-Boukhari. Ce livre est, pour les sunnites, l&rsquo;ouvrage de référence compilant les actions et les enseignements oraux du prophète de l&rsquo;islam. Il est considéré à ce jour très souvent comme le livre le plus authentique de la religion islamique, après le Coran.</p>



<p>[5]Muslim ibn al-Hajjaj (821-875) est un érudit musulman arabe, disciple de Mouhammad-al-Boukhârî et auteur du second des deux recueils de hadiths les plus fiables de l’Islam sunnite, après le Sahîh d’Al-Boukhârî. Ce recueil est appelé L’abrégé de l’authentique Muslim ou plus souvent SahîhMuslim.</p>



<p>[6] Coran 3.102-103</p>



<p>[7] Tels Muhammad Saïd Ashmâwî (1932-2013), Abd Al-Raziq (1888-1966), Mohamed Charfi (1936-2008), Hicham Jaît (1935-2021), Mohamed Abd Al-Jabri (1935-2010).</p>



<p>[8] Sheikh Khaled Bentounès, L’homme intérieur à la lumière du Coran, Albin Michel, 1998, p. 80. Né en 1949 en Algérie, Bentounès est depuis 1975 le guide spirituel de la confrérie soufie Alawiyya ; il a rencontré Jean-Paul II et a participé à la réunion d’Assise en 1986 ; il a donné son impulsion à la journée internationale du « vivre ensemble en paix », et participé à la fondation du CFCM.</p>



<p>[9]Cf par exemple ce qu’en dit le docteur Al-Moukhtâr (ou Muhtar) WaladBâh (ou WuldAbah) dans son étude sur les fondements du droit malikite : La littérature juridique et l’évolution du malikisme en Mauritanie, 1981. Muhammad Al-MuhtarWuldAbah est linguiste et spécialiste du droit islamique, titulaire d&rsquo;un doctorat d&rsquo;Etat de la Sorbonne (en 1975), homme politique, plusieurs fois député et ministre en Mauritanie.</p>



<p>[10] Muhammad Al-Châtibî, Al-Mouwâfaqât, 1.80. Muhammad Al-Châtibî mort à Grenade en 1388 est un célèbre théologien et juriste spécialisé dans les fondements de la jurisprudence. Son ouvrage principal intitulé Al-Mouwâfaqâttraite des fondements de la jurisprudence.</p>



<p>[11] Ibidem, 2.50</p>



<p>[12] Ibidem, 2.10</p>



<p>[13] Ibidem, 2.5</p>



<p>[14]§ 3.</p>



<p>[15]§ 4.</p>



<p>[16]§ 7.</p>



<p>[17]§ 10.</p>



<p>[18]§ 18.</p>



<p>[19]§ 26.</p>



<p>[20]§ 27.</p>



<p>[21] OCI, Déclaration des droits de l’homme en Islam de 1981, article 10.</p>



<p>[22] C’est d’ailleurs un grief constant de la part de l’Islam contre les « gens du Livre » : « Ô gens du Livre, n’exagérez pas dans votre religion ! » (Coran 4.171)</p>



<p>[23] OCI, Déclaration des droits de l’homme en Islam de 1981, Prologue.</p>



<p>[24] DIU de 1980, Londres, §1.</p>



<p>[25] § 9.</p>



<p>[26] Saïd Ramadan (1926-1995) est un panislamiste, gendre et héritier spirituel du fondateur des Frères musulmans, Hassan el-Banna. Il fonda lui-même en 1958 la Société islamiste d’Allemagne puis la Ligue musulmane mondiale. Il meurt en exil à Genève. Il a été soupçonné d’être l’auteur d’un plan d’islamisation de l’Europe daté de 1982 et découvert en 2001 par les renseignements suisses.</p>



<p>[27] Saïd Ramadan, La sharî’a, le droit islamique, son envergure et son équité, Al Qalam 2008, p 209.</p>



<p>[28]« Pope Francis PraisesMarrakeshDeclaration », Emirates News Agency, April 1, 2019, accessible sur : http://wam.ae/en/details/1395302752313.</p>



<p>[29]Cf l’ouvrage de Jean de Viguerie, Histoire du citoyen, Via Romana, 2014.</p>



<p>[30] Au § 15.</p>



<p>[31] Au § 3.</p>



<p>[32] Michel Villey, « Saint Thomas et l’immobilisme » dans Seize essais de philosophie du droit, Dalloz, 1969, p.13.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>(II)  LES ACTEURS  ET LEURS STRATÉGIES DANS LE MONDE MUSULMAN</title>
		<link>https://courrierderome.org/ii-les-acteurs-et-leurs-strategies-dans-le-monde-musulman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Abbé Guillaume Gaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 08:46:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courrier de Rome]]></category>
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					<description><![CDATA[642 I &#8211; LES ACTEURS. L’université d’Al-Azhar. L’UNESCO 6.L’OCI (Organisation de la Coopération Islamique), créée en 1969 en Arabie Saoudite, se donne pour but d’aider les Etats à&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>642</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>L’ouverture de l’Islam à la modernité, qu’elle soit le résultat d’une évolution apparente ou réelle, spontanée ou contrainte, passe par un certain nombre d’organismes et d’institution, dont il convient à présent de se faire une idée au moins approximative.</li>
</ol>



<p>I &#8211; LES ACTEURS.</p>



<p>L’université d’Al-Azhar.</p>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li>L&rsquo;université Al-Azharest une institution islamique sunnited&rsquo;enseignement,fondée au dixième siècle, et basée au Caire. Elle dépend de l’Etat égyptien et comprend, entre autres, l’université Al-Azhar, l’Académie d’études islamiques et la mosquée Al-Azhar, dirigée par un érudit islamique, nommé le cheikh Al-Azhar. Le statut d&rsquo;Al-Azhar a étéredéfinipar la loi égyptienne du5 juillet 1961, également connue sous le nom de loi Al-Azhar. Celle-ci statue dans son article 2 que l’Université Al-Azhar « est un organisme savant islamique qui cherche à préserver, à étudier, à divulguer et à diffuser le patrimoine islamique, à diffuser le message islamique qui a été confié à tous les peuples et à le promouvoir, à montrer l&rsquo;islam et son influence sur le progrès de l&rsquo;humanité, le développement de la civilisation, le maintien de la paix, la tranquillité et la paix d&rsquo;esprit de tous les peuples, ici et maintenant ».</li>



<li>De fait, il s’est agi d’une réforme complète, le système éducatif moderne ayant été intégré à Al-Azhar. L’Université est ainsi devenue la caution religieuse de la diplomatie menée par l’Etat égyptien. Par la suite, elle a perdu une grande partie de son autorité, et a étécritiquée pour sa soumission au pouvoir présidentiel. Ellese donne comme une tête de pont entre Orient et Occident. Dès 1959, le sheikh de l’Université d’Al-Azhar au Caire invita chrétiens et musulmans à s’unir contre l’athéisme[1]. En 1978 une délégation vaticane est invitée au Caire pour participer à un colloque conjoint dirigé par le grand imam Abd Al-Halim Mahmud[2]. Il est remarquable que le Père Anawati[3], prié de prendre la parole, fut empêché de parler par les autorités d’Al-Azhar à cause du titre de son intervention : « La foi commune en Dieu, entre le christianisme et l’Islam ».Un des sheikhs d’Al-Azhar, le Docteur Baraka, écrivit ensuite une réplique intitulée « ce n’est ni à l’avantage de l’Islam, ni à celui du christianisme », où il montra que, si la foi est une adhésion àun enseignement révélé, musulmans et chrétiens n’adhèrent pas au même enseignement, ni au même Dieu.</li>



<li>Lorsque les frères musulmans reprirent le pouvoir en Egypte, occasionnant un regain de vigueur dans les mouvements islamistes, l’Université d’Al-Azhar s’efforça de disculper la religion de l’Islam du fondamentalisme encouragé par l’Etat Islamique, créé en 2008. C’est dans ce contexte qu’elle justifie un certain pluralisme et propose un fondement islamique aux droits de l’homme : en 2012, elle publie une Déclaration sur l’ordonnance des libertés fondamentales ; en 2014 une autre sur la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme ; en 2017une autre encore sur la liberté et la citoyenneté. En 2016, tout cela aboutit à la rencontre historique qui a lieu au Vatican entre l’imam d’Al-Azhar, Ahmed Al-Tayyeb et le Pape. La visite du Pape François à Al-Azhar en 2017, s’inscrit dans ce processus.</li>
</ol>



<p>L’UNESCO</p>



<ol start="5" class="wp-block-list">
<li>L&rsquo;Organisation des Nations unies pour l&rsquo;éducation, la science et la culture (en anglais : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization,UNESCO) est une institution émanée de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et créée le 16 novembre 1945à la suite des dégâts et des massacres occasionnés par la Seconde Guerre Mondiale. Selon son acte constitutif, l&rsquo;UNESCO visait initialement à promouvoir la solidarité intellectuelle et morale de l&rsquo;humanité, moyennant la reconnaissance de valeurs communes, et la relégation des divergences philosophiques et religieuses au rang de simples opinions. Les Etats chrétiens qui ne mettaient pas déjà en application ces principes le feront par la suite sur la pression du Vatican,au lendemain du concile Vatican II. Mais il restait encore à implanter cet idéal dans les Etats musulmans. C’est pour répondre à ce but que furent créées plusieurs organisations islamiques, cherchant à adapter les droits de l’homme à l’Islam ou à l’en protéger.</li>
</ol>



<p>6.L’OCI (Organisation de la Coopération Islamique), créée en 1969 en Arabie Saoudite, se donne pour but d’aider les Etats à vivre des lois islamiques dans un monde moderne. Cinquante-sept Etats en sont membres ; elle possède une délégation permanente à l’ONU.</p>



<p>7.L’ISESCO (Organisation du Monde Islamique pour l&rsquo;Education, les Sciences et la Culture) est une organisation internationale regroupant 55 pays, issue de l’OCI et spécialisée dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture et de la communication dans les pays islamiques. Elle vise le même but que l’UNESCO, mais en vue d’un développement proprement islamique par la culture. Cette organisation a appuyé l’appel lancé par le Haut Comité pour la Fraternité Humaine (suite à la déclaration mixte d’Abou Dhabi) à une journée mondiale de prière et de jeûne pour l’Humanité en mai 2020. Elle écrivit alors au pape François et au docteur Al-Tayyib d’Al-Azhar. C’est encore elle qui a organisé le 21 juillet 2020, en coopération avec la Ligue islamique mondiale et le Conseil mondial des communautés musulmanes, un webinaire de haut niveau sous le thème : « Vers une solidarité éthique mondiale des chefs religieux ».</p>



<p>8.La Ligue Islamique Mondiale (LIM), créée en 1962, à La Mecque, est étroitement liée au gouvernement saoudien. Elle fait la propagande de l’Islam, notamment par la culture et l’éducation, et vise en même temps à son unification. Lorsque se sont multipliés les attentats islamistes en Europe, elle change d’orientation, à partir de 2016, sous la présidence de l’ancien ministre saoudien de la Justice, Mohammad AbdelkarimAl-Issa, qui en fait un outil diplomatique de l’Arabie Saoudite, un rouage du soft-power religieux du régime wahhabite. La LIM fait partie de l’OCI, duConseil International d&rsquo;Assistance et de Prédication Islamique (IICDR) ; elle a un statut d’observateur à l’ONU, et de consultant à l’UNESCO.Elle est à l’origine de la Charte de la Mecque de mai 2019, qui est venue compléter la Déclaration sur la fraternité humaine d’Abou Dhabi et y répondre. C’est encore la LIM qui, de concert avec la Fondation de l’Islam de France, a organisé en 2019 la « Conférence internationale de Paris pour la paix et la solidarité », au terme de laquelle fut signé un « mémorandum de compréhension et d’amitié entre les trois religions monothéistes ».</p>



<p>9.Le Conseil International d&rsquo;Assistance et de Prédication Islamique (IICDR) a été créé en 1988 par l’Arabie Saoudite et placé sous l’autorité de l’Université d’Al-Azhar au Caire, dont le sheikh est le président. Son but est de coordonner l’expansion islamique hors des terres musulmanes.</p>



<ol start="10" class="wp-block-list">
<li>Ajoutons deux autres instances fondées en 2014 aux Emirats Arabes Unis, au moment où Daech conquiert de vastes territoires. Ces instances ont pour but de redorer l’image de l’islam aux yeux de l’Occident, d’unifier et de pacifier les musulmans au sein même de leur communauté. Il s’agit du Conseil des Sages Musulmans (CSM), dont la présidence est confiée à l’imam Al-Tayyib, de l’Université d’Al-Azhar au Caire ; et duForum pour la Promotion de la Paix dans les Sociétés Musulmanes (FPPSM), dont le président est le sheikh mauritanien Bayyah, spécialiste des quatre écoles juridiques de l’Islam. C’est à l’initiative de ce FPPSM que, en 2016, sous l’impulsion du roi du Maroc, a été signée la Déclaration de Marrakech sur les minorités religieuses en terre d’Islam.Et en 2018, toujours à l’initiative du FPPSM a été signée la déclaration de Washington.</li>
</ol>



<p>II &#8211; L’existence d’une stratégie islamique en Occident.</p>



<ol start="11" class="wp-block-list">
<li>En 1983, l’ISESCO et l’OCI ont clairement mis au point une stratégie, dont le but principal était de renforcer les communautés musulmanes vivant en Occident. Cette stratégie a fini par être officiellement adoptée par les pays membres, lors de la neuvièmeConférence Islamique au Sommetqui s’est tenue à Doha, en 2000. Elle a fait l’objection d’une publication tout aussi officielle, sous le titre « Stratégie de l’Action Islamique Culturelle à l’extérieur du Monde islamique ». Nous utilisons ici la traduction française publiée par l’ISESCO en 2009[4].</li>



<li>Le document a tout d’abord soin de préciser le but de cette stratégie : « La vision stratégique et prospectiviste de l’Islam requiert des actions qui favorisent son établissement, son implantation durable en dehors du Monde islamique, de la manière qui concorde le mieux avec la situation nouvelle acquise en Europe, d’une façon stable, durable et irréversible » [5].</li>



<li>Vient ensuite et surtout le principe de base de cette stratégie :</li>
</ol>



<p>« Cette stratégie expose les actions qu’il convient d’entreprendre en faveur du rayonnement et de la diffusion de la culture islamique et de sa fixation dans les pays non musulmans », avec la prise en compte d’une condition devenue désormais nécessaire en raison des exigences de l’époque moderne : « à condition que ladite fixation s’opère surdes bases qui correspondent aux exigences de l’époque, ce qui enclenchera desinteractions avec les autres cultures, dans les secteurs qui ne sont pas encontradiction avec ses constantes et ses fondements » [6].</p>



<ol start="14" class="wp-block-list">
<li>L’un des points essentiels de cette « interaction culturelle » consiste à faire accepter l’Islam en Occident, par le moyen du dialogue et d’une ouverture socio-culturelle.</li>
</ol>



<p>« Pour que ce plan réalise ses objectifs, il doit nécessairement prêter de l’intérêt à la culture de l’individu et de la communauté, être souple et avoir une longue haleine pour pouvoir s’acclimater au milieu des situations diverses dans les pays non-musulmans » [7].</p>



<p>« En Occident, la stratégie de l’action culturelle islamique doit s’efforcer de mieux faire connaître les apports musulmans à l’édification de la culture humaine » [8].</p>



<ol start="15" class="wp-block-list">
<li>Dans ce processus d’ouverture, une place de choix doit être réservée au dialogue interreligieux.</li>
</ol>



<p>« Il existe des préjugés aussi bien chez les musulmans que chez les non-musulmans qui altèrent les relations de solidarité et l’entraide entre l’Islam et les autres religions et courants philosophiques. […] De tels obstacles ne peuvent être éliminés que par l’organisation de rencontres directes entre les représentants des différentes religions pour un dialogue fructueux. […] De ce fait, le dialogue fructueux a besoin d’une plate-forme […] permettant aux musulmans de participer aux débats sur une base d’égalitéavec les autres organisations religieuses »[9].</p>



<ol start="16" class="wp-block-list">
<li>Ce dialogue a pour objet, dans un premier temps, de trouver des sympathisants occidentaux qui éteindront les peurs des autres, afin de susciter leur sympathie sans les choquer.</li>
</ol>



<p>« Les sociétés occidentales sont ouvertes malgré les crises, et il est important pour nos communautés musulmanes d’y avoir des sympathisants » [10]. […]« Les milieux européens nourrissent une certaine méfiance à l’égard de la culture islamique. Notre devoir est de donner de l’Islam l’image correcte et réelle qui lui vaudra plus que de la sympathie. En réponse au procès que l’on fait à l’Islam de restreindre les libertés, nous devons être les premiers à défendre et à respecter les composantes de la société non musulmane. Nous devrons nous abstenir de tout ce qui pourrait choquer les sensibilités, et nous efforcer de sauvegarder l’authenticité et l’originalité de nos idées. L’action culturelle islamique en Occident ne sera possible que si elle ne vise pas à modifier les structures de la société occidentale, et qu’elle ne tend pas à mettre en place un système politique islamiste »[11].</p>



<ol start="17" class="wp-block-list">
<li>Dans cette optique, l’Eglise représente un sympathisant de choix, en raison de l’influence dont elle jouit au sein de l’Occident :</li>
</ol>



<p>« Certains milieux populaires en Europe sont guidés par les associations et organismes religieux notamment l’Eglise. […] Les sociétés occidentales ne sont pas toutes laïques, les courants et les institutions religieuses ont leur pouvoir et il est indispensable de coopérer avec ces pouvoirs afin de réaliser certains acquis communs »[12].</p>



<ol start="17" class="wp-block-list">
<li>Puis,dans un deuxième temps, ce dialogue doit susciter une réflexion (ijtihad), mettant en œuvre les concepts démocratiques, d’égalité, de liberté et de fraternité, afind’adapter la jurisprudence islamique à la situation nouvellecréée par la modernité et deconstruire à partir de là une société islamique.</li>
</ol>



<p>« Nous devons préparer les outils qui nous servent à construire une société islamique (hors du Monde musulman) pure et saine, en harmonie avec sa nature, conformément d’une part à l’instinct naturel, et aux bases de la démocratie européenne d’autre part » [13].</p>



<ol start="18" class="wp-block-list">
<li>Enfin, dans un troisième temps, le dialogue aboutira à montrer que les valeurs universelles humanistes appartiennent en propre à l’Islam et non à la démocratie, laquelle les utilise mais sans leur donner l’équilibre qu’elles réclament.</li>
</ol>



<p>« L’Occident doit fournir davantage d’efforts pour comprendre l’essence de l’Islam et la vérité qu’il véhicule » [14]. […] « L’Islam fait l’unanimité autour de lui sur sa précieuse contribution à l’édification de la civilisation et du patrimoine de l’humanité. »[15]</p>



<p>« La stratégie culturelle et éducationnelle doit insister sur l’harmonie qui existe entre d’une part les prescriptions religieuses islamiques et le contenu de la culture islamique dans ses orientations globales et universelles et d’autre part les principes et valeurs humaines communes qui sont respectés et vénérés par l’ensemble de l’humanité. Les principes et les valeurs humaines sont un ensemble d’idéaux et de standards à la lumière desquels on peut définir le type de comportement adéquat pour l’individu et la société. Ces idéaux et standards sont puisés du Coran et de la Sunna du Prophète : le saint Coran et la Tradition du Prophète ont traité des dimensions de l’entité humaine et de tous les domaines de la vie, ce qui a conféré à la culture islamique la qualité d’embrasser une étendue immensément vaste ; celle-ci se nourrit également au départ, dans ses objectifs, ses valeurs et ses principes, de la nature première de l’homme et du bon sens qui affirment et confirment que le droit, l’équité et la dignité comptent parmi les valeurs mondialement reconnues, acceptées et auxquelles l’humanité adhère. La preuve incontestable de cette adhésion est illustrée par l’institutionnalisation des valeurs inspirées du Coran. Quant aux principes de l’égalité, de la liberté et les droits de l’homme auxquelles appellent aujourd’hui les chartes et déclarations internationales, ils ne font que confirmer ce à quoi l’Islam a appelé il y a plus de quinze siècles »[16].</p>



<p>« Le milieu culturel islamique établit un équilibre dans la pensée et le comportement de l’homme »[17].</p>



<ol start="19" class="wp-block-list">
<li>Cet équilibre est le fameux Al-wassat, le juste milieu, revendiqué par à peu près tous les courants islamiques. L’Islam se revendique par là comme la religion de l’humanité.Mais cela semble trop beau pour être vrai et l’on peut bien se demander si le Document d’Abou Dhabi, qui est l’expression de cette revendication,ne serait pas plutôt comme le cheval de Troie d’une islamisation de l’Occident. C’est ce qu’il nous reste à vérifier.</li>
</ol>



<p></p>



<p>[1]En témoignent les Remarques écrites de Mgr Tchidimbo, au sujet du schéma sur les juifs et les non-chrétiens, à l’issue de la quatre-vingt-onzième assemblée générale du 30 septembre 1964, dans les Acta du concile Vatican, vol. III, pars 3, p. 173-174. Mgr Raymond-Marie Tchidimbo (1920-2011), né en Guinée française, membre de la Congrégation du Saint-Esprit, ordonné prêtre en 1951, fut archevêque de Conakry de 1962 à 1979. Incarcéré et condamné à la peine capitale le 23 décembre 1970 au Camp militaire Boiro, il y sera retenu prisonnier, humilié et torturé, pendant plus de huit ans sur l’ordre du Président Sékou Touré. Libéré le 7 août 1979, il est expulsé vers Rome. Nommé au Conseil Pontifical de la Famille en 1984, il prend sa retraite, en 1992, dans l’archidiocèse d’Avignon, à l’Institut Notre-Dame de Vie. Malgré tout le mérite que l’on veut lui reconnaître, il est clair que ce prélat avait l’esprit malheureusement gâté par les chimères du dialogue interreligieux.</p>



<p>[2]Cf. la Documentation catholique n°1742, p. 493.</p>



<p>[3] Georges ChehataAnawati (1905-1994), op, est né à Alexandrie dans une famille grecque-orthodoxe et se convertit au catholicisme à l’âge de 16 ans. En 1934, à l’âge de 29 ans, après une formation en pharmacie et en chimie industrielle, il entre dans l’Ordre dominicain. Sur le conseil du Père Marie-Dominique Chenu, il se met à l’étude de l’Islam dans une perspective nouvelle, non pas pour convertir mais pour comprendre. En 1953, il fonde ainsi au Caire l’Institut Dominicain d’Etudes Orientales (IDEO) dont la vocation est de mieux connaître le monde de l’Islam, « en dehors de tout prosélytisme ». Il fut intimement mêlé à la rédaction de la déclaration Nostraaetate sur les religions non chrétiennes, lors du concile Vatican II.</p>



<p>[4]Fichier pdf téléchargeable sur le site : http://libertepolitique.com/Aller-plus-loin/Dossiers-thematiques/Strategie-de-l-Action-islamique-Culturelle-a-l-exterieur-du-monde-islamique.</p>



<p>[5]Chapitre V, p. 86.</p>



<p>[6]Chapitre IV, p. 37.</p>



<p>[7] Chapitre IV, p. 39.</p>



<p>[8]Chapitre IV, p. 37.</p>



<p>[9]Chapitre VI, p. 104.</p>



<p>[10]Chapitre IV, p. 51.</p>



<p>[11] Chapitre VI, p. 104-105.</p>



<p>[12] Chapitre IV, p. 51.</p>



<p>[13] Chapitre VI, p. 104-105.</p>



<p>[14]Chapitre I, p. 19.</p>



<p>[15]Chapitre V, p. 85.</p>



<p>[16]Chapitre IV, p. 44.</p>



<p>[17]Chapitre IV, p. 39.</p>
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		<title>L&#8217;islam à la lumière d&#8217;Abou Dhabi questions préalables</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abbé Guillaume Gaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Nov 2021 08:46:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courrier de Rome]]></category>
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					<description><![CDATA[Publié le 20/11/2021 sur internet Publié dans le N°642 de la publication papier du Courrier de Rome 1. Le 4 février 2019 à Abou Dhabi, le Pape François&#8230;]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="views-field views-field-views-conditional"><span class="field-content"><i>Publié le 20/11/2021 sur internet<br />
Publié dans le N°642 de la publication papier du Courrier de Rome</i></span></div>
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<hr />
<p><span class="field-content"></p>
<p></span></div>
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<div class="field-item even">
<p>1. Le 4 février 2019 à Abou Dhabi, le Pape François et le Grand Imam de l’Université islamique sunnite Al-Azhar du Caire ont cosigné un document sur la fraternité humaine, pour la paix mondiale et la coexistence commune.</p>
<p>2. A la lecture, l’on s’aperçoit que ce document ne doit rien au hasard, mais fait partie d’un ensemble. Il s’inscrit en effet dans une suite de déclarations islamiques, conçues par des organisations ou des mouvements dits « modérés ». Les thèmes communs et récurrents en sont : les droits de l’homme, l’égalité, la fraternité. L’un des buts clairement affichés de ces mêmes mouvements est le désarmement intellectuel de l’Occident face à la pénétration islamique. Nous aurions donc affaire à une infiltration islamique douce, sous prétexte d’ouverture, de tolérance et de charité.</p>
<p>3. Cependant, ce pacifisme ne semble pas faire l’unanimité du monde musulman. Lorsque, le 6 mars 2021, à Ur, le Pape François rencontra l’Ayatollah Sistani, chef des chiites arabes irakiens, ce dernier refusa de signer le Document d’Abou Dhabi. L’Islam, d’ailleurs, si on l’envisage dans ses principes fondamentaux, ne semble pas compatible avec ces vues iréniques. Le refus de l’Ayatollah Sistanisoulève donc d’utiles et pertinentes questions.</p>
<p>5. Répondre à ces questions exige une intelligence suffisamment claire et donc poussée des éléments qui entrent aujourd’hui en jeu dans ce repositionnement, au moins apparent, de l’Islam, au sein de la modernité. Voyons pour cela :</p>
<ul>
<li>comment s’est progressivement dessinée une ouverture de l’Islam à la modernité (I) ?</li>
<li>quels sont les acteurs de cette ouverture, avec leurs stratégies, dans le monde musulman (II) ?</li>
<li>eten quoi consiste ce travail de conceptualisation théologique des droits de l’homme en Islam (III) ?</li>
</ul>
<p>C’est seulement grâce à cette compréhension préalable qu’il nous sera possible d’entrevoir la signification que l’Islam, pris comme tel, entend donner au document d’Abou Dhabi.</p>
<p>Abbé Guillaume Gaud.</p>
</div>
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